A Montpellier, Béziers ou Narbonne, « certaines agences immobilières n’ont plus de limites »

Le jeudi 2 septembre 2021, une habitante de Montpellier (Hérault) à eu grande peur. Qu’elle ne fut pas sa surprise quand elle s’est retrouvée nez à nez avec une agente immobilière qui prospectait tranquillement dans son jardin. En moins de 6 mois, il s’agit de la quatrième intrusion dans cette résidence privée du quartier Boutonnet. De quoi révolter le couple qui habite ce quartier si prisé proche du centre.

À Montpellier, le secteur immobilier a tellement recruté d’agent immobilier ou de mandataire qu’il manque désormais cruellement de biens immobiliers. A cela s’ajoute la reprise en mains par les propriétaires de la vente de leur bien en direct, ce qui donne pour un marché immobilier en tension. Il est ainsi de plus en plus difficile pour les très nombreux agents immobiliers ou mandataires de « rentrer de la marchandise ». C’est d’ailleurs tellement tendu que certains n’hésitent plus à mettre le pied dans la porte pour débusquer de potentiels vendeurs. Des pratiques condamnées par la profession.

 

« C’est véritablement anxiogène pour les résidents d’un âge certain et très énervant pour nous. » Cette Montpelliéraine (Hérault) qui souhaite rester anonyme se dit outrée. Au point de vouloir déposer plainte après cette quatrième visite inopportune.

 

Ce jeudi, ce sera la quatrième fois qu’elle découvre en moins de six mois dans le jardin privatif à l’intérieur son immeuble un agent immobilier. « Vous savez, c’est un immeuble avec le charme de l’ancien. Il y a tout de même deux portes d’accès à passer avant d’arriver chez moi, détaille cette habitante. On ne peut y accéder qu’en sonnant à un résident à l’interphone ou bien avec la clef. »

Un passe partout ?

Quelle ne fut pas ma surprise de trouver une femme au fond de notre jardin. « Mon mari s’est approché pour la questionner un peu et surtout lui demander ce qu’elle faisait chez nous. Sa première réponse et son seul intérêt était de savoir si nous étions propriétaire. »

Dès lors, nous fument assailli de questions avant enfin de savoir qui elle était. « Elle prospecte et travaille pour le compte d’une agence immobilière de Montpellier et qu’elle rentrée ainsi avec à un passe RFID de La Poste. »

C’est inadmissible de s’introduire ainsi dans les immeubles, voir chez les gens. Bien que nous ayons recadré à plusieurs reprises, cela n’arrête pas le défilé. « Lundi dernier, j’ai mis dehors un individu à hauteur de nos boîtes aux lettres, raconte-t-elle. Et encore, à nouveau, le même interrogatoire. Même si le ton reste cordial et sympathique, cela reste pénible. »

« Pas de limites »

Pour nous, ce n’est pas la tension immobilière actuelle à Montpellier qui est la cause de tels agissements. « On est conscient que c’est compliqué de rentrer un bien avec autant de concurrence, mais ce n’est pas pour cela qu’il faut avoir de telles pratiques. Certains agents immobiliers dépassent les limites du raisonnable  et ne respectent plus l’espace privé. »

Un point confirmé par un gérant d’agence immobilière. Sous couvert lui aussi d’anonymat, il raconte un marché Montpelliérain où tous les coups sont permis. « Malheureusement, certains sont prêt à tout pour conclure un mandat. Les tactiques sont diverses. Certains surutilisent la prospection, d’autres la surestimation pour flatter le propriétaire. Encore pire, face à la concurrence, certains anticipent la mise en vente sans même avoir signé le mandat. »

Cela s’explique facilement par des « stocks réduits, un marché bouillonnant qui s’accélère et une prolifération d’acteurs. Il y a donc une prospection accrue et certains font n’importe quoi. »

« Malheureusement, cela ne me surprend pas »

De telles pratiques ne surprennent pas non plus l’agent immobilier Henri Mathieu. « Cela ne me surprend pas » dont l’agence est située à Montpellier.

Selon lui, la nouvelle réglementation et l’état du marché immobilier aboutissent à de tels agissements. « Actuellement, la concurrence est démultiplié. L’activité de négociateur immobilier a été rendu grandement accessible à des personnes qui ne sont pas issues du métier, à des personnes sans formation. »

L’agent immobilier Héraultais pointe également du doigt la méconnaissance du métier. « C’est une profession qui demande de la méthode et de multiples compétences qui vont de l’urbanisme à la fiscalité. On ne se décrète pas agent immobilier, c’est un vrai métier. »

« Certains mettent le pied dans la porte »

Dans leur viseur ? Le statut de mandataire. Outre la méconnaissance des lois et des pratiques selon ces agents immobiliers, ces nouveaux venus n’auraient pas le carnet d’adresses nécessaire pour faire rentrer suffisamment de biens dans leur portefeuille de mandats. « L’agence immobilière traditionnelle à de multiples activités comme la location, la gestions,…. C’est donc des revenus certes, mais surtout le contact avec de futurs vendeurs potentiels. Eux n’ont pas accès à cela. »

Alors pour rentrer de la marchandise, « certains mettent le pied dans la porte. » Il ne faut pas ignorer la réglementation qui est ferme. « Il y a heureusement des lois pour protéger la propriété et les consommateurs. »

« Le marché est saturé »

Michel Nicolas reste peu convaincu par ces arguments faciles. Ce mandataire à Montpellier depuis plus de quatre ans estime « trop simpliste de taper sur les mandataires ».

Il fait la même analyse : « Les réseaux recrutent en masse dans un marché pourtant saturé d’acteurs. La concurrence en est d’autant plus exacerbée avec l’essor de la vente entre particulier. L’agent immobilier n’est plus incontournable. Certains acculés, sont tentés de dépassé la ligne rouge. Cette profession possède un code de déontologie pour tous le monde, que l’on soit mandataire ou agent. »

Pour lui, il faut réfléchir au-delà et se poser les bonnes questions. « Pourquoi y a-t-il un tel développement des réseaux de mandataires et donc d’agents commerciaux ?.  A qui cela profite ?.»

Excédé par les visites intempestives,  le couple Montpelliérain pense que « les règles de bonnes conduites devraient être rappelées à ces agents par leurs autorités de tutelle».

A Montpellier, "Plus de limites pour certaines agences immobilière" - IMMOINOV

A Montpellier, Béziers ou Narbonne, « certaines agences immobilières n’ont plus de limites »

Le jeudi 2 septembre 2021, une habitante de Montpellier (Hérault) à eu grande peur. Qu’elle ne fut pas sa surprise quand elle s’est retrouvée nez à nez avec une agente immobilière qui prospectait tranquillement dans son jardin. En moins de 6 mois, il s’agit de la quatrième intrusion dans cette résidence privée du quartier Boutonnet. De quoi révolter le couple qui habite ce quartier si prisé proche du centre.

À Montpellier, le secteur immobilier a tellement recruté d’agent immobilier ou de mandataire qu’il manque désormais cruellement de biens immobiliers. A cela s’ajoute la reprise en mains par les propriétaires de la vente de leur bien en direct, ce qui donne pour un marché immobilier en tension. Il est ainsi de plus en plus difficile pour les très nombreux agents immobiliers ou mandataires de « rentrer de la marchandise ». C’est d’ailleurs tellement tendu que certains n’hésitent plus à mettre le pied dans la porte pour débusquer de potentiels vendeurs. Des pratiques condamnées par la profession.

 

« C’est véritablement anxiogène pour les résidents d’un âge certain et très énervant pour nous. » Cette Montpelliéraine (Hérault) qui souhaite rester anonyme se dit outrée. Au point de vouloir déposer plainte après cette quatrième visite inopportune.

 

Ce jeudi, ce sera la quatrième fois qu’elle découvre en moins de six mois dans le jardin privatif à l’intérieur son immeuble un agent immobilier. « Vous savez, c’est un immeuble avec le charme de l’ancien. Il y a tout de même deux portes d’accès à passer avant d’arriver chez moi, détaille cette habitante. On ne peut y accéder qu’en sonnant à un résident à l’interphone ou bien avec la clef. »

Un passe partout ?

Quelle ne fut pas ma surprise de trouver une femme au fond de notre jardin. « Mon mari s’est approché pour la questionner un peu et surtout lui demander ce qu’elle faisait chez nous. Sa première réponse et son seul intérêt était de savoir si nous étions propriétaire. »

Dès lors, nous fument assailli de questions avant enfin de savoir qui elle était. « Elle prospecte et travaille pour le compte d’une agence immobilière de Montpellier et qu’elle rentrée ainsi avec à un passe RFID de La Poste. »

C’est inadmissible de s’introduire ainsi dans les immeubles, voir chez les gens. Bien que nous ayons recadré à plusieurs reprises, cela n’arrête pas le défilé. « Lundi dernier, j’ai mis dehors un individu à hauteur de nos boîtes aux lettres, raconte-t-elle. Et encore, à nouveau, le même interrogatoire. Même si le ton reste cordial et sympathique, cela reste pénible. »

« Pas de limites »

Pour nous, ce n’est pas la tension immobilière actuelle à Montpellier qui est la cause de tels agissements. « On est conscient que c’est compliqué de rentrer un bien avec autant de concurrence, mais ce n’est pas pour cela qu’il faut avoir de telles pratiques. Certains agents immobiliers dépassent les limites du raisonnable  et ne respectent plus l’espace privé. »

Un point confirmé par un gérant d’agence immobilière. Sous couvert lui aussi d’anonymat, il raconte un marché Montpelliérain où tous les coups sont permis. « Malheureusement, certains sont prêt à tout pour conclure un mandat. Les tactiques sont diverses. Certains surutilisent la prospection, d’autres la surestimation pour flatter le propriétaire. Encore pire, face à la concurrence, certains anticipent la mise en vente sans même avoir signé le mandat. »

Cela s’explique facilement par des « stocks réduits, un marché bouillonnant qui s’accélère et une prolifération d’acteurs. Il y a donc une prospection accrue et certains font n’importe quoi. »

« Malheureusement, cela ne me surprend pas »

De telles pratiques ne surprennent pas non plus l’agent immobilier Henri Mathieu. « Cela ne me surprend pas » dont l’agence est située à Montpellier.

Selon lui, la nouvelle réglementation et l’état du marché immobilier aboutissent à de tels agissements. « Actuellement, la concurrence est démultiplié. L’activité de négociateur immobilier a été rendu grandement accessible à des personnes qui ne sont pas issues du métier, à des personnes sans formation. »

L’agent immobilier Héraultais pointe également du doigt la méconnaissance du métier. « C’est une profession qui demande de la méthode et de multiples compétences qui vont de l’urbanisme à la fiscalité. On ne se décrète pas agent immobilier, c’est un vrai métier. »

« Certains mettent le pied dans la porte »

Dans leur viseur ? Le statut de mandataire. Outre la méconnaissance des lois et des pratiques selon ces agents immobiliers, ces nouveaux venus n’auraient pas le carnet d’adresses nécessaire pour faire rentrer suffisamment de biens dans leur portefeuille de mandats. « L’agence immobilière traditionnelle à de multiples activités comme la location, la gestions,…. C’est donc des revenus certes, mais surtout le contact avec de futurs vendeurs potentiels. Eux n’ont pas accès à cela. »

Alors pour rentrer de la marchandise, « certains mettent le pied dans la porte. » Il ne faut pas ignorer la réglementation qui est ferme. « Il y a heureusement des lois pour protéger la propriété et les consommateurs. »

« Le marché est saturé »

Michel Nicolas reste peu convaincu par ces arguments faciles. Ce mandataire à Montpellier depuis plus de quatre ans estime « trop simpliste de taper sur les mandataires ».

Il fait la même analyse : « Les réseaux recrutent en masse dans un marché pourtant saturé d’acteurs. La concurrence en est d’autant plus exacerbée avec l’essor de la vente entre particulier. L’agent immobilier n’est plus incontournable. Certains acculés, sont tentés de dépassé la ligne rouge. Cette profession possède un code de déontologie pour tous le monde, que l’on soit mandataire ou agent. »

Pour lui, il faut réfléchir au-delà et se poser les bonnes questions. « Pourquoi y a-t-il un tel développement des réseaux de mandataires et donc d’agents commerciaux ?.  A qui cela profite ?.»

Excédé par les visites intempestives,  le couple Montpelliérain pense que « les règles de bonnes conduites devraient être rappelées à ces agents par leurs autorités de tutelle».